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A-t-on raison d’être technopessimiste ?

A-t-on raison d’être technopessimiste ?

L’édition 2018 du BlendWebMix s’est caractérisée par l’illustration de toutes les facettes de l’industrialisation numérique. Ce grand écart entre l’innovation exponentielle et la sobriété digitale d’une planète aux ressources finies a animé de nombreux débats de fond. Louis-Marie Bizollon, étudiant MBA Digital Marketing & Business, revient sur ce paradoxe symptomatique de notre société.

« Fraîchement sorti du BlendWebMix et ayant essayé de me nourrir au maximum des différentes conférences proposées, je dois dire que le Blend est réussi.

Le « blend », qui signifie « mélange » en anglais, est un terme souvent utilisé pour évoquer le thé et le whisky, étant précisé qu’il s’agit dans les deux cas de réunir dans une même boisson des éléments provenant d’endroits différents, d’années différentes, et cela dans une proportion particulière, dans le but de créer des saveurs uniques, ou de parvenir à un équilibre qui n’existe naturellement pas.

Le constat est fait et il n’est pas forcément joyeux, car il semble s’avérer que deux nouvelles classes fondamentales sont en train d’émerger : d’une part, les « techno-optimistes » et d’autre part les « technopessimistes ».

blendwebmix

Les premiers ne semblent pas avoir de conscience de classe, ils sont utilisateurs de la technologie au quotidien, et réfléchissent juste à savoir comment la technologie va pouvoir les aider demain, comment ils vont réaliser plus de bénéfices, comment économiser du temps dans leur travail. En somme, comment la technologie va les aider dans la réalisation de leurs objectifs personnels.

Il en est tout autrement pour les seconds, souvent issus du monde de la technologie et ayant un rôle de prêcheurs, de lanceurs d’alerte ou d’éveilleurs de conscience.

Ces derniers mettent en garde contre l’utilisation de la DATA par les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), contre la surveillance politique permise par la technologie (Patriot Act, Loi sur le renseignement), ou contre la perte de liberté, et estiment par exemple que technologie et écologie sont antagonistes.

Parfois, ils vont même encore plus loin et n’hésitent plus à parler d’anthropocène, théorie selon laquelle l’homme serait devenu une force si importante qu’il modifierait sa planète, étant par ailleurs condamné à ce triste sort et cela dans une fatalité absolue.

Alors nous pouvons nous demander : A-t-on raison d’être « technopessimiste » ?

Ne pas croire en la technologie serait ne pas croire en l’Homme, dans la mesure où la technologie est fabriquée, jusqu’à maintenant, pour des hommes et est au service exclusif de ces derniers.

Cela reviendrait donc à considérer que l’Homme se comportera durant le 21ème siècle comme il ne l’a jamais fait auparavant, pour plonger son propre monde dans les abysses.

On pourrait alors se demander ce qui a bien pu changer chez l’Homme depuis le début du siècle.

La « technophobie » n’est pas un concept nouveau dans l’histoire de l’Humanité. Elle est d’ailleurs souvent plus présentée comme une « résistance au progrès ».

Cette résistance au progrès a souvent différents points d’origine, elle intervient le plus souvent pour des craintes économiques liées à l’emploi ou pour des craintes de santé publique.

A titre d’exemple, en 1835, des membres de l’académie de médecine de Lyon craignaient très sérieusement l’impact de la machine à vapeur sur l’Homme, considérant que nous allions nous exposer à des problèmes de rétine, des troubles de la respiration à grande vitesse et surtout des risques importants de fausses couches pour les femmes enceintes.

Cela amuse beaucoup, mais tapez sur votre moteur de recherche « selon une étude » pour vous convaincre que l’on a très peu changé depuis 1835

Enfin, peu importe la voie que l’on décidera de poursuivre, il semble, en définitive, que la technologie nous apporte le choix de l’alternative. La technologie n’est pas un mal en soi, mais pourrait le devenir par les usages et demandes des consommateurs. En somme, la technologie reste un outil, qu’il est indispensable de maîtriser aux mieux pour le contenir.

La liberté demeure le fait de refuser d’utiliser des trackers de géolocalisation, d’utiliser des VPN, d’utiliser des outils comme « Tor » ou « Tails » pour se connecter au web, de refuser le smartphone, d’éviter des applications gourmandes en DATA ou contre lesquelles nous souhaitons nous opposer par idéaux, et même de ne plus utiliser les services offerts par les GAFA et leurs amis.

L’heure ne doit pas être à la technophobie, mais plutôt à l’utilisation de la technologie de manière raisonnée et maîtrisée.

Et si la technologie n’était pas le candidat le plus sérieux à la résolution de nombreuses difficultés que notre siècle rencontre ? »

Encore merci à Louis-Marie Bizollon pour ce bel article qui illustre les problématiques soulevées pendant le BlendWebMix 2018 ! 

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